dimanche 6 juillet 2014

Lutte novatrice et totale contre le sida dans l'État de New-York




Le gouverneur à la Pride de New-York.
Dimanche dernier, le gouverneur de l'État de New-York a annoncé une décision ambitieuse: il veut éradiquer l'épidémie de sida dans son État avant 2020. Il ne s'agit pas d'un discours de politicien, Andrew Cuomo a prévu les mesures nécessaires et y consacrera le budget adéquat... qui permettra aussi aux finances publiques de faire des économies sur le long terme. Il fera appliquer la méthode dite de couverture universelle en mettant à disposition des traitements non seulement pour les personnes infectées, mais aussi pour les groupes de séronégatifs les plus exposés. Le gouverneur sera satisfait si l'on ne dénombre pas plus de 750 nouvelles infections durant l'année 2020. Elles étaient 14'000 à l'épicentre de la crise en 1993, on les estime à 3'000 en 2013.



Les premiers cas de sida ont été rapportés en juillet 1981. On parlait à l'époque de "cancer gay" faute d'avoir découvert le virus. Le plan Cuomo repose sur trois mesures. 1) Mettre à disposition des tests que l'on peut utiliser à la maison; et simplifier les procédures chez les médecins. On estime que 14% des séropos ignorent leur état. 2) Puisque 50% des porteurs du virus ne sont pas traités actuellement, il va falloir réduire cette lacune ahurissante par tous les moyens possibles. L'administration Cuomo a négocié des rabais auprès des entreprises pharmaceutiques et un subside pour les logements sociaux des malades. Car disposer d'une piaule -- particulièrement pour les toxicos et les mômes jetés à la rue par leur famille à cause de leur homosexualité -- permet de mener un vie plus régulière et facilite la prise des médicaments.



3) Le troisième pilier de la lutte concerne les séronégatifs les plus à risque: les blacks et les latinos gays, les irréductibles du sans-capote ainsi que les personnes transgenre. Ceux qui n'en ont pas les moyens seront dotés d'une assurance maladie et on les encouragera très vivement à prendre le prophylactique pour éviter une infection même en cas de rapport non protégé. Car selon les estimations de l'Organisation mondiale de la santé, cette mesure en plus des autres permettrait d'atteindre la "couverture universelle" de 80% (comme pour la tuberculose) que vise l'État de New-York. Rappelons que dans la lutte contre le sida, on dispose maintenant de médicaments qui permettent, suivant les cas, de réduire le taux de virus au point que la personne infectée ne risque plus de le transmettre. Il existe aussi un traitement préventif bienvenu dont les effets secondaires ne sont pas encore tous connus.




Ces approches se feront avec les médicaments actuels. Mais je suis persuadé -- foi de médium -- que de nouvelles découvertes permettront d'alléger les traitements qui sont lourds pour beaucoup de patients. Le professeur Luc Montagnier est sur une piste (on l'a vu hier soir sur France 5) dans sa recherche sur la mémoire de l'eau et je suis sûr qu'il y parviendra. Dans l'État de New-York, en calculant que chaque infection entraîne un coût médical estimé à 400'000 dollars, on espère économiser environ 300 millions avec cette campagne pour un coût de prévention devisé à 5 millions. Quel pays suivra cet exemple?

André

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